Tu termines ton BTS Tourisme et deux chemins s'ouvrent devant toi. Soit tu entres directement sur le marché du travail, soit tu continues tes études pour viser un poste à responsabilités. Aucune des deux options n'est la bonne par défaut : tout dépend de ton projet et de ton rapport à l'argent, au temps et à la mobilité. Voici comment trancher avec des éléments concrets, pas des généralités.
En bref
- Après un BTS Tourisme (bac+2), tu peux soit travailler directement, soit poursuivre tes études jusqu'au bac+3 ou au bac+5.
- Les métiers accessibles dès le BTS : agent de voyages, agent d'escale, réceptionniste, chargé de clientèle, animateur touristique.
- La licence professionnelle (un an, souvent en alternance) reste la suite la plus rapide et la moins coûteuse.
- Le bachelor en école spécialisée (Vatel, Excelia, ESG, Keyce Tourisme…) ouvre un réseau mais coûte plusieurs milliers d'euros par an.
- Le BUT ou une licence générale à l'université gardent la porte ouverte vers un master, sans frais de scolarité.
- Un master, un mastère ou un MBA (bac+5) deviennent nécessaires pour viser un poste de direction ou de management.
- Le salaire brut débutant tourne autour de 1 600 à 2 600 € par mois selon le poste et le niveau de diplôme (enquête Audirep, janvier 2025).
- Si le tourisme ne te convient plus, tes compétences (langues, relation client, organisation) se transfèrent facilement vers l'événementiel, le commerce ou l'hôtellerie.
Quels débouchés directs après un BTS tourisme ?
Le BTS (Brevet de Technicien Supérieur) Tourisme te donne des bases suffisantes pour travailler dès l'obtention du diplôme. Les stages effectués pendant la formation jouent souvent un rôle décisif dans l'embauche. Les recruteurs viennent des agences de voyages, des tour-opérateurs, des compagnies aériennes, des groupes hôteliers et des offices de tourisme.
Les postes visés restent majoritairement opérationnels. Une évolution vers des responsabilités plus larges demande presque toujours des études complémentaires, mais rien n'empêche de commencer par l'emploi et d'y revenir plus tard, notamment en alternance.
| Métier | Secteur | Type de poste |
|---|---|---|
| Agent de voyages | Agence de voyages, tour-opérateur | Conseil et vente de séjours |
| Agent d'escale | Aéroport, compagnie aérienne | Accueil et accompagnement des voyageurs |
| Réceptionniste | Hôtellerie | Accueil et gestion des séjours |
| Chargé de clientèle | Agence, office de tourisme | Information et relation client |
| Animateur touristique | Club de vacances, collectivité | Animation de séjours ou d'événements |
| Chargé de production touristique | Tour-opérateur | Construction de produits et de forfaits |
Si tu vises l'étranger, vérifie ton niveau de langue avant de te lancer : le tourisme international recrute d'abord sur cette compétence, surtout hors de l'Union européenne.
Faut-il poursuivre tes études après un BTS tourisme ?
La réponse dépend de ce que tu recherches. Entrer directement dans la vie active te donne un salaire plus vite, mais plafonne souvent les responsabilités à moyen terme. Poursuivre jusqu'au bac+3 ou au bac+5 retarde ton entrée sur le marché du travail, mais ouvre des postes de gestion, de conception de produits ou de direction.
Selon une enquête Audirep de janvier 2025, menée auprès de 2 309 diplômés formés entre janvier 2021 et juin 2023, le salaire brut mensuel débutant dans le tourisme se situe entre 1 600 et 2 600 €. L'écart tient surtout au niveau de diplôme et au type de poste occupé.
| Niveau de diplôme | Poste type | Salaire débutant indicatif |
|---|---|---|
| Bac+2 (BTS) | Agent de voyages, réceptionniste | Bas de la fourchette |
| Bac+3 (licence pro, bachelor) | Chef de produit junior, responsable d'hébergement | Milieu de la fourchette |
| Bac+5 (master, MBA) | Responsable d'agence, chargé de développement touristique | Haut de la fourchette |
La licence professionnelle, la voie la plus rapide
La licence professionnelle se prépare en un an, souvent en alternance, et reste gratuite ou presque dans le public. Elle se décline en plusieurs intitulés accessibles après un BTS Tourisme : guide-conférencier, commercialisation touristique, communication et valorisation des territoires, métiers du tourisme et des loisirs, ou encore tourisme et loisirs sportifs. Certaines universités y ajoutent une spécialisation en e-tourisme ou en marketing numérique.
C'est l'option la plus adaptée si tu veux gagner en responsabilités sans perdre trois années supplémentaires et sans t'endetter pour une école privée.
Le bachelor en école spécialisée, pour un réseau et une admission en 3e année
Le bachelor se prépare en école privée, souvent accessible directement en 3e année après un BTS. Des écoles comme Vatel, Excelia, ESG, Keyce Tourisme, l'IEFT, l'Ipac Bachelor Factory, Atlas Institute, l'ESTHUA d'Angers ou le South Champagne Business School proposent ce format.
Avant de t'inscrire, vérifie deux points :
- La formation est-elle inscrite au RNCP (Répertoire National des Certifications Professionnelles) au niveau 6 ? Sans cette inscription, le diplôme n'a pas de reconnaissance officielle de l'État.
- Le tarif annuel se chiffre souvent en milliers d'euros. Si le budget est serré, la licence professionnelle universitaire couvre des débouchés comparables sans ces frais.
Le BUT ou la licence générale, la passerelle universitaire
Si tu n'es pas certain de rester dans le tourisme, le BUT (Bachelor Universitaire de Technologie) Techniques de Commercialisation en entrée de 3e année, ou une licence générale comme LEA (Langues Étrangères Appliquées), LLCER, géographie et aménagement ou histoire, te permettent de garder la porte ouverte vers un master classique. L'admission se fait sur dossier, parfois avec une validation d'acquis selon ton parcours.
Cette voie convient si tu vises une poursuite d'études longue sans t'enfermer tout de suite dans une spécialisation touristique.
Le master, le mastère ou le MBA pour viser la direction
Au-delà du bac+3, un master universitaire, un mastère en école ou un MBA (Master of Business Administration) deviennent nécessaires pour accéder à des postes de responsable d'agence, de chef de produit senior ou de directeur d'office de tourisme. Les spécialisations courantes couvrent le tourisme durable, l'e-tourisme, le management du luxe ou le marketing touristique.
Un point de vigilance : certains MBA ne sont pas reconnus officiellement par l'État. Vérifie systématiquement l'inscription au RNCP ou la certification de la formation avant de t'engager, surtout si elle est payante.
Quel parcours choisir selon ton profil ?
- Tu veux un salaire rapidement et tu n'as pas envie de t'endetter : vise l'emploi direct après le BTS ou la licence professionnelle en alternance. Tu gagnes en autonomie financière dès la première année.
- Tu vises un poste de responsable et tu peux financer une école privée : le bachelor en école spécialisée t'apporte un réseau professionnel et une admission facilitée en 3e année.
- Tu n'es pas sûr de vouloir rester dans le tourisme : choisis un BUT ou une licence générale à l'université. Tu gardes la possibilité de bifurquer vers un autre master sans repartir de zéro.
- Tu veux viser un poste de direction à terme : prévois dès maintenant un passage par un master, un mastère ou un MBA certifié, après une licence professionnelle ou un bachelor.
Comment se réorienter après un BTS tourisme ?
Le tourisme ne forme pas seulement à des métiers précis, il développe des compétences qui se transfèrent facilement : langues étrangères, relation client, organisation d'événements, gestion de projet. Si le secteur ne te correspond plus, plusieurs pistes proches restent accessibles sans repartir intégralement de zéro :
- L'hôtellerie-restauration, qui partage une grande partie des compétences d'accueil et de gestion.
- L'événementiel, qui mobilise les mêmes savoir-faire d'organisation et de coordination de prestataires.
- Le commerce international, pour qui les langues et la relation client comptent autant que dans le tourisme.
- Le marketing digital, notamment si tu as déjà touché à l'e-tourisme pendant ton BTS.
- Le développement durable et les métiers du tourisme responsable, en plein essor dans les collectivités territoriales.
Si aucune de ces pistes ne te convainc, une réorientation complète reste possible via une passerelle vers un BUT en première année ou une remise à niveau universitaire. Dans ce cas, prends le temps de clarifier ton projet avant de t'engager, par exemple via un stage dans le secteur visé ou un service civique : ça coûte moins cher qu'une année d'études mal choisie.
