Tu termines ton bachelor communication et deux chemins s'ouvrent devant toi : continuer tes études ou chercher un emploi. Les deux sont solides, à condition de les choisir pour de bonnes raisons et pas par défaut. Voici comment trancher selon ton dossier, ton budget et ce que tu veux faire dans cinq ans.
En bref
- Après un bachelor communication (bac+3), tu peux viser un master en deux ans (université, via Mon Master) ou un mastère/MSc en école spécialisée.
- Tu peux aussi travailler directement : les postes juniors (community manager, chargé de communication, attaché de presse) sont accessibles dès le bac+3, surtout si tu as fait des stages ou de l'alternance.
- L'alternance en master ou mastère te permet de financer tes études tout en continuant à travailler.
- Un bachelor qui n'a pas le grade de licence reste valable pour candidater en master, mais chaque établissement l'étudie au cas par cas : vérifie ce point avant de choisir ton bachelor ou ta poursuite d'études.
- Si tu vises des postes à responsabilité (direction de la communication, stratégie de marque), un bac+5 reste la norme du secteur. Si tu veux être opérationnel vite, le marché du travail t'accueille dès le bac+3.
Poursuivre en master à l'université après un bachelor communication
Un master en communication se prépare en deux ans après un bac+3. L'inscription en première année de master universitaire passe par la plateforme Mon Master, gérée par le ministère de l'Enseignement supérieur. Tu peux y déposer jusqu'à 15 vœux en formation initiale et 15 en alternance.
Les frais de scolarité dans le public restent faibles, autour de 250 € par an. C'est la différence la plus nette avec une école privée, où le même diplôme coûte plusieurs milliers d'euros.
Le point à vérifier avant de candidater : la sélectivité. Les masters universitaires en communication reçoivent beaucoup plus de dossiers que de places, et les jurys regardent la cohérence de ton projet autant que tes notes. Un dossier avec un vrai fil directeur (par exemple : bachelor en communication digitale puis master en stratégie de marque) passe mieux qu'un dossier qui change de cap sans explication.
Un point de vigilance avant de t'inscrire en bachelor ou en master : tous les bachelors n'ont pas le grade de licence. Ce grade, attribué par le ministère de l'Enseignement supérieur établissement par établissement et formation par formation, conditionne parfois la façon dont un jury de master universitaire lit ton dossier. Un bachelor enregistré au RNCP (le répertoire tenu par France Compétences, sous tutelle du ministère du Travail) atteste sa valeur professionnelle, mais ne donne pas automatiquement le grade de licence. Sans ce grade, tu peux quand même candidater en master en cochant « autre diplôme français » : chaque établissement étudie alors ton dossier selon ses propres critères. Si tu vises un master universitaire précis, demande directement à l'école qui délivre ton bachelor si sa formation est listée dans l'arrêté ministériel correspondant.
Rejoindre un mastère ou un MSc en école spécialisée
Les écoles de communication proposent leurs propres mastères ou Masters of Science (MSc), en deux ans après le bachelor. Le format est plus professionnalisant qu'à l'université : stages longs, projets avec de vraies marques, réseau d'anciens actif. En échange, le coût grimpe, le plus souvent entre 7 000 et 12 000 € par an selon l'école et la ville.
L'alternance change la donne sur ce point : une partie ou la totalité des frais de scolarité est alors prise en charge par l'entreprise qui t'embauche, et tu perçois un salaire pendant tes études.
| Critère | Master à l'université | Mastère ou MSc en école |
|---|---|---|
| Durée | 2 ans | 2 ans |
| Coût annuel indicatif | environ 250 € (public) | 7 000 à 12 000 € (hors alternance) |
| Sélection | Dossier via Mon Master, forte concurrence | Dossier, entretien, parfois test écrit |
| Format | Académique, mémoire de recherche possible | Professionnalisant, projets et stages longs |
| Profil adapté | Tu veux approfondir la théorie, le coût est un critère | Tu veux un réseau professionnel actif et de l'alternance |
Avant de choisir entre les deux, regarde la spécialisation proposée plutôt que le seul nom de l'établissement. Une communication digitale, une stratégie de marque et une communication événementielle n'ouvrent pas sur les mêmes métiers, que tu passes par l'université ou par une école.
Travailler directement après un bachelor communication
Un bachelor donne un bagage suffisant pour un premier emploi en communication. Tu ne décroches pas un poste de directeur dès ta sortie, mais les postes juniors sont bien réels, surtout si tu as déjà fait des stages ou de l'alternance pendant ton bachelor.
Les postes les plus accessibles à bac+3 :
- Chargé de communication : gère les supports (newsletters, réseaux sociaux, relations presse) et veille à la cohérence du message de l'organisation.
- Community manager : anime les réseaux sociaux, produit du contenu, suit les statistiques d'engagement.
- Attaché de presse : prépare les dossiers de presse, sollicite les journalistes, organise les retombées médiatiques.
- Chargé de projet événementiel : organise des événements professionnels ou grand public, du cahier des charges à la logistique le jour J.
- Rédacteur web : produit du contenu optimisé pour le web (articles, fiches produits, pages de site).
- Assistant marketing ou brand content : soutient une équipe marketing sur la production de contenu et le suivi de campagnes.
Le type de structure change ton quotidien plus que l'intitulé du poste. En agence, tu gères plusieurs clients en parallèle, à un rythme souvent soutenu. En entreprise, tu te concentres sur une seule marque, avec plus de stabilité. Une start-up cherche un profil polyvalent, prêt à sortir de sa fiche de poste. Le secteur public et l'associatif recrutent aussi, avec des process de recrutement généralement plus longs.
Si tu hésites entre travailler tout de suite et continuer tes études, la question à te poser est simple : le poste que tu vises dans trois ans demande-t-il un bac+5 ? Si oui, mieux vaut enchaîner sur un master ou un mastère maintenant, surtout en alternance. Si le poste que tu vises est accessible à bac+3, rien ne t'oblige à reprendre tes études avant d'avoir testé le terrain.
Combiner les deux grâce à l'alternance
L'alternance n'est pas réservée au BTS ou au BUT. En master comme en mastère, elle te permet de valider ton bac+5 tout en travaillant, avec un salaire et, le plus souvent, des frais de scolarité pris en charge par l'entreprise d'accueil. C'est l'option la plus réaliste si le coût d'une école privée est le frein principal à ta poursuite d'études.
L'inconvénient : trouver une entreprise d'accueil prend du temps, parfois plusieurs mois avant la rentrée. Commence tes recherches tôt, dès le printemps qui précède la rentrée visée.
Prendre le temps avant de trancher
Si tu n'as pas encore de projet clair à la sortie du bachelor, tu n'es pas obligé de choisir entre master et emploi dans l'urgence. Plusieurs options permettent de prendre du recul sans perdre de temps sur ton CV.
- La césure : une pause d'un ou deux semestres, avec maintien du statut étudiant si ton établissement l'accepte. Utile pour un stage long, un séjour à l'étranger ou un projet entrepreneurial.
- Le service civique : une mission dans une association, une collectivité ou un organisme public, indemnisée. Pour un profil communication, c'est souvent la gestion de la communication d'une structure associative.
- Le volontariat international en entreprise (VIE) : une mission de 6 à 24 mois à l'étranger pour une entreprise française, avec une indemnité versée pendant la mission.
- Le programme vacances-travail (PVT) : accessible dans plusieurs pays (Canada, Australie, Japon, Corée du Sud notamment) pour travailler sur place tout en voyageant.
Ces expériences ne remplacent pas un diplôme, mais elles comptent dans un entretien si tu sais expliquer ce qu'elles t'ont appris.
Quel choix pour quel profil ?
Si ton dossier est solide et que tu vises des postes stratégiques (direction de la communication, stratégie de marque, conseil), enchaîne sur un master ou un mastère, de préférence en alternance pour limiter le coût. Si tu veux surtout être opérationnel vite et que les intitulés de poste junior te motivent réellement, un bachelor suffit pour démarrer : tu pourras toujours reprendre un master dans quelques années, une fois que tu sauras plus précisément ce que tu veux en faire. Dans les deux cas, le critère qui compte le plus n'est pas le prestige de l'établissement, mais la cohérence entre ta spécialisation et le métier que tu vises.
