Tu veux porter l'uniforme mais tu n'as pas le bac, ou tu sais déjà que tu ne l'auras pas. La gendarmerie ne te ferme pas la porte pour autant. Elle ouvre une voie d'entrée sans diplôme, avec un vrai chemin vers le statut de militaire de carrière. Voici comment ça marche concrètement, et ce que ça demande en échange.
En bref
- Sans le bac, tu entres par le statut de gendarme adjoint volontaire (GAV), pas directement comme sous-officier.
- Deux types de GAV existent : le GAV APJA, qui patrouille et seconde les sous-officiers, et le GAV EP, qui occupe un poste d'exécution (secrétariat, mécanique, restauration).
- Après un an d'ancienneté, un GAV peut candidater au concours interne de sous-officier, la voie la plus réaliste pour devenir gendarme de carrière sans avoir eu le bac au départ.
- Le concours externe de sous-officier, lui, exige le bac ou un niveau équivalent.
- Un GAV touche une solde nette autour de 1 200 € à la sortie de formation, contre près du double pour un sous-officier en début de carrière.
Peut-on vraiment devenir gendarme sans le bac ?
Oui, mais pas de manière directe. La gendarmerie distingue deux portes d'entrée : le concours externe de sous-officier de gendarmerie (SOG), qui demande le bac ou un niveau IV, et le statut de gendarme adjoint volontaire, accessible sans diplôme. Sans le bac, c'est donc le GAV qui t'ouvre la porte.
Ce statut n'est pas un sous-emploi temporaire. C'est un contrat militaire de un à cinq ans, renouvelable, qui te place déjà au contact du terrain. Beaucoup de sous-officiers actuels ont commencé exactement par là. La différence avec un candidat qui a le bac, c'est le détour : tu dois d'abord faire tes preuves en tant que GAV avant de pouvoir viser le grade de sous-officier.
Le GAV, la seule porte d'entrée sans diplôme
GAV APJA et GAV EP, quelle différence ?
Le sigle GAV recouvre deux réalités très différentes sur le terrain.
| Statut | Mission | Diplôme demandé | Débouché |
|---|---|---|---|
| GAV APJA (agent de police judiciaire adjoint) | Patrouilles, surveillance, soutien aux sous-officiers en brigade | Aucun | Tremplin vers le concours interne de sous-officier |
| GAV EP (emploi particulier) | Poste technique ou administratif : secrétariat, mécanique, cuisine, maintenance | Aucun, parfois un CAP ou un BEP apprécié | Poste d'exécution, moins orienté vers l'évolution en interne |
Si ton objectif est de devenir gendarme de carrière, le GAV APJA est le choix le plus cohérent. Il te met directement dans les missions de sécurité publique, l'expérience la plus utile pour réussir ensuite le concours interne.
Qui peut devenir GAV ?
Les conditions sont les mêmes pour les deux statuts :
- avoir entre 17 et 26 ans au moment de la candidature,
- être de nationalité française,
- avoir satisfait à la Journée défense et citoyenneté (JDC) ou être en instance de le faire,
- jouir de ses droits civiques, sans mention incompatible au bulletin n°2 du casier judiciaire,
- être reconnu apte physiquement et médicalement au métier.
Aucun diplôme n'est exigé, même si un niveau CAP ou BEP peut jouer en ta faveur sur un poste de GAV EP technique.
Comment se passe le recrutement ?
Le parcours est encadré, mais nettement plus court qu'un concours de sous-officier.
- Dépôt du dossier de candidature, directement auprès d'une brigade ou via le site officiel de recrutement de la gendarmerie.
- Tests psychotechniques et questionnaire de culture générale.
- Entretien de motivation avec un officier ou un gradé de la brigade.
- Visite médicale d'aptitude et vérification du casier judiciaire.
- Si tout est validé, signature du contrat puis départ en formation initiale.
La formation dure environ treize semaines, dont la majeure partie se déroule directement en unité, aux côtés de gendarmes en poste. Elle débouche sur un diplôme reconnu, l'attestation d'adjoint de sécurité intérieure, équivalent à un niveau CAP-BEP.
Combien de temps avant de devenir sous-officier sans le bac au départ ?
Compte un minimum d'un an. C'est l'ancienneté exigée pour qu'un GAV puisse se présenter au concours interne de sous-officier de gendarmerie. En pratique, la plupart des candidats qui réussissent ont passé deux à trois ans sur le terrain avant de se sentir prêts : le concours interne reste sélectif, et le jury évalue autant les résultats écrits que le comportement observé en unité pendant cette période.
Ce concours interne t'autorise trois tentatives maximum. Si tu rates les trois, la voie du sous-officier de carrière se ferme pour ce statut, même si tu peux continuer comme GAV ou viser d'autres corps de la gendarmerie.
Pendant cette période de GAV, prépare-toi au concours en parallèle : révision du français et des mathématiques de niveau collège-lycée, culture générale sur l'actualité et les institutions, entraînement à l'épreuve sportive. Plusieurs unités proposent un accompagnement interne ou des préparations dédiées aux GAV volontaires.
Quel salaire en tant que GAV, puis comme sous-officier ?
L'écart de rémunération entre les deux statuts est net, et il justifie en partie l'effort de passer le concours interne.
| Statut | Solde en formation | Solde à la sortie / en activité |
|---|---|---|
| GAV | environ 970 € nets/mois | environ 1 200 € nets/mois |
| Sous-officier (SOG) | environ 1 635 € nets/mois | environ 2 145 € nets/mois en début de carrière |
Ces montants, publiés par la gendarmerie nationale pour l'année 2026, s'ajoutent à des avantages identiques pour les deux statuts : logement concédé par nécessité de service ou indemnité équivalente, réduction de 75 % sur les billets SNCF, sécurité sociale militaire et neuf semaines de congés par an. La solde de GAV reste modeste, mais elle s'accompagne d'une vraie expérience de terrain, celle qui pèse ensuite au concours interne.
Faut-il viser le bac quand même ?
Si tu es encore scolarisé et que le bac professionnel ou général reste atteignable, vise-le. Il t'ouvre le concours externe de sous-officier directement, sans passer par l'étape GAV, et il te laisse l'option du concours d'officier plus tard si tu valides ensuite une licence ou un master.
Si tu as déjà quitté le système scolaire sans bac, ou si tu veux entrer sur le terrain le plus vite possible, le GAV est le choix logique. Tu gagnes un salaire, une expérience militaire réelle, et un accès au concours interne dès ta première année. Dans ce cas, ne considère pas le GAV comme une impasse : vois-le comme la préparation grandeur réelle du concours que tu passeras ensuite.
Existe-t-il d'autres postes sans le bac dans la gendarmerie ?
Le GAV n'est pas la seule option si l'uniforme de terrain n'est pas ta priorité. Le corps de soutien technique et administratif de la gendarmerie nationale (CSTAGN) recrute aussi sans concours, sur sélection, pour des fonctions de soutien : gestion du personnel, logistique et finances, affaires immobilières, restauration collective, maintenance des véhicules blindés. La sélection comprend une épreuve écrite, un entretien oral et un test sportif, sans exigence de diplôme à l'entrée, mais avec une formation rémunérée d'environ trois mois suivie d'une spécialisation de deux à cinq mois selon le poste visé.
Ces postes offrent moins de perspective immédiate vers le commandement d'unité, mais ils conviennent à qui cherche la stabilité d'un emploi militaire sans passer par le terrain opérationnel. Pour les deux voies, GAV ou CSTAGN, le principe reste le même : l'absence de bac ne bloque pas l'entrée, elle allonge le chemin vers les grades les plus exigeants.
